Après plus de 500 audits réalisés auprès de TPE et PME françaises, notre cabinet a identifié des schémas récurrents d'erreurs dans le calcul des cotisations sociales. Ces erreurs, souvent invisibles, peuvent représenter des montants considérables sur plusieurs années. Voici les 5 plus fréquentes et comment les éviter.
1. Le taux AT/MP mal appliqué
C'est l'erreur la plus courante et potentiellement la plus coûteuse. Le taux de cotisation Accidents du Travail / Maladies Professionnelles est notifié chaque année par la CARSAT et doit être mis à jour dans le logiciel de paie. Or, dans 40 % des cas que nous auditons, le taux appliqué ne correspond pas au taux notifié. Les causes sont multiples : oubli de mise à jour, erreur de saisie, changement de code risque non répercuté.
2. Les réductions Fillon mal calculées
Le calcul de la réduction générale de cotisations patronales est complexe et dépend de nombreux paramètres : SMIC horaire, durée du travail, rémunération annuelle brute. Les erreurs les plus fréquentes concernent la proratisation pour les temps partiels, la prise en compte des heures supplémentaires, et la régularisation progressive non appliquée.
3. Les exonérations zonées oubliées
De nombreuses entreprises situées en Zone Franche Urbaine (ZFU), Zone de Revitalisation Rurale (ZRR) ou Quartier Prioritaire de la Ville (QPV) ne bénéficient pas de toutes les exonérations auxquelles elles ont droit. Parfois, c'est le changement de périmètre d'une zone qui crée l'opportunité ; d'autres fois, c'est simplement une méconnaissance du dispositif.
4. Les avantages en nature mal évalués
Véhicules de fonction, logements, repas, outils technologiques... L'évaluation des avantages en nature impacte directement l'assiette de cotisations. Une surévaluation entraîne un trop-perçu de cotisations. Nous constatons régulièrement des écarts entre le forfait et l'évaluation réelle, au détriment de l'entreprise.
5. Les indemnités de rupture mal traitées
Les indemnités versées lors d'une rupture de contrat (licenciement, rupture conventionnelle) bénéficient d'exonérations de cotisations sous certaines conditions et dans certaines limites. Les erreurs de calcul sur ces exonérations sont fréquentes et peuvent représenter des montants unitaires importants, surtout pour les cadres supérieurs.
Sur les 500 derniers audits réalisés, 87 % ont révélé au moins une de ces 5 erreurs. Le montant moyen récupérable s'élève à 67 000 € par entreprise.
— Pierre Lefèvre, Consultant senior