L'année 2024 a confirmé certaines tendances observées les années précédentes tout en révélant de nouvelles poches de trop-perçus dans des secteurs jusqu'alors moins audités. Notre analyse, basée sur plus de 200 audits réalisés cette année, dresse un panorama des secteurs les plus concernés par les erreurs de cotisations sociales.
Le BTP en tête avec un montant moyen de 89 000 €
Le secteur du Bâtiment et des Travaux Publics reste le plus exposé aux erreurs de cotisation. La complexité des régimes (intempéries, congés payés via la caisse, taux AT/MP élevés et variables) multiplie les risques d'erreur. En 2024, le montant moyen récupéré pour les entreprises du BTP s'élève à 89 000 €, en hausse de 15 % par rapport à 2023.
La restauration : des exonérations souvent sous-exploitées
Avec un montant moyen de 52 000 € récupérés, le secteur de la restauration se classe en deuxième position. Les erreurs les plus fréquentes concernent la valorisation des avantages en nature repas et l'application de la réduction Fillon sur des effectifs à forte rotation. Les entreprises multi-sites sont particulièrement touchées.
Le transport routier : le taux AT/MP en question
Le transport routier de marchandises présente des spécificités qui le rendent vulnérable aux erreurs : heures d'équivalence, indemnités de déplacement, taux AT/MP parmi les plus élevés. Le montant moyen récupéré atteint 73 000 € en 2024.
Les secteurs émergents
Fait notable en 2024, les entreprises du secteur technologique et des services numériques commencent à représenter une part croissante de nos audits. La raison principale : la gestion complexe des stock-options, des BSPCE et du télétravail international, qui génère des erreurs d'assiette de cotisations de plus en plus fréquentes.
Aucun secteur n'est à l'abri des erreurs de cotisation. La complexité croissante de la réglementation sociale française touche toutes les entreprises, quelle que soit leur taille ou leur activité.
— Sophie Martin, Auditrice senior